En entreprise, les jours fériés suscitent souvent des questions sur le repos, la paie et l’organisation du travail. En France, ils sont définis par le Code du travail, mais leur traitement varie selon le jour concerné, le secteur d’activité et parfois la convention collective. Voici un point clair et complet pour comprendre les règles applicables et éviter les erreurs de gestion.
Ce qu’il faut retenir :
Je vous aide à anticiper le traitement des jours fériés pour éviter les erreurs de paie et sécuriser la gestion RH.
- Vérifiez si chaque jour férié est chômé ou travaillé dans votre entreprise en consultant la convention collective et les accords internes.
- Appliquez le maintien du salaire pour les salariés ayant 3 mois d’ancienneté et sans condition pour le 1er mai.
- Si un salarié travaille le 1er mai, versez la double rémunération (100 %) et paramétrez la paie en conséquence.
- Ne décomptez pas un jour férié chômé des congés payés et n’imposez pas la récupération des heures perdues.
- Adaptez le paramétrage RH pour les salariés à temps partiel et les implantations locales (Alsace Moselle, Outre Mer).
Les jours fériés en France : définition et liste légale
Les jours fériés sont des fêtes légales reconnues par l’article L.3133-1 du Code du travail. Ils correspondent à des dates précises fixées par la loi, avec des effets concrets sur le temps de travail, la paie et les obligations de l’employeur.
En France, il existe 11 jours fériés légaux. Cette liste est la base commune, même si certaines régions ou certains territoires bénéficient de règles supplémentaires.
Voici la liste exhaustive des jours fériés légaux :
- 1er janvier, jour de l’An
- Lundi de Pâques
- 1er mai, Fête du Travail
- 8 mai, commémoration de la Victoire de 1945
- Ascension
- Lundi de Pentecôte
- 14 juillet, fête nationale
- Assomption, le 15 août
- 1er novembre, Toussaint
- 11 novembre, commémoration de l’Armistice
- 25 décembre, Noël
Parmi ces jours, seul le 1er mai est obligatoirement chômé et payé pour tous les salariés. Pour les dix autres, le chômage n’est pas imposé par défaut, sauf règles particulières prévues par une convention ou un usage dans l’entreprise.
Autrement dit, un jour férié peut être travaillé ou non selon l’activité de l’employeur. Le cadre légal pose la règle générale, mais les conventions collectives viennent souvent compléter le dispositif avec des avantages plus favorables.
En pratique, les textes applicables et les accords internes déterminent souvent le traitement effectif.
Jours fériés chômés ou travaillés, ce que dit la loi
La distinction entre jour férié chômé et jour férié travaillé est au cœur du sujet. Le Code du travail n’impose pas, pour la plupart des jours fériés, une fermeture de l’entreprise ni un repos automatique.
Pour les 10 autres jours fériés, l’employeur décide donc, selon la convention collective, l’accord d’entreprise ou l’usage, si le salarié travaille ou non. Dans certains secteurs, comme la santé, la restauration ou les établissements ouverts au public, le travail les jours fériés est fréquent.
Le 1er mai fait figure d’exception. Il s’agit du seul jour férié qui doit être non travaillé et payé pour tous les salariés, sauf dans les activités pour lesquelles le travail ce jour-là est autorisé par la loi. Dans ce cas, la rémunération suit un régime plus favorable.
Les règles ne s’arrêtent pas à la loi. En pratique, les conventions collectives sont souvent décisives pour savoir si un jour férié est chômé, payé, majoré ou compensé par un repos supplémentaire.
Jours fériés payés : règles générales de rémunération
Le traitement salarial dépend d’abord du fait que le jour férié soit chômé ou travaillé. La logique générale est simple, mais plusieurs exceptions méritent d’être bien identifiées pour sécuriser la paie. Pour plus de détails, consultez la réglementation de la rémunération des jours fériés.
Quand un jour férié est chômé, le salarié conserve en principe son salaire habituel. Lorsqu’il est travaillé, il est souvent rémunéré comme un jour ordinaire, sauf dispositions plus favorables.
Maintien de salaire en cas de jour férié chômé
Lorsqu’un jour férié est chômé, le salarié ayant au moins 3 mois d’ancienneté bénéficie du maintien de son salaire habituel. Le salaire ne doit pas diminuer du seul fait de l’absence de travail liée au jour férié.
Pour le 1er mai, il n’existe pas de condition d’ancienneté. Tous les salariés ont droit au maintien de leur rémunération, même s’ils viennent d’arriver dans l’entreprise.
Si le salarié travaille habituellement ce jour-là, son salaire normal doit être versé, y compris les heures supplémentaires habituelles qui seraient normalement effectuées. Le jour férié chômé ne doit donc pas appauvrir le salarié.
En revanche, si le jour férié chômé tombe sur un jour qui n’est pas normalement travaillé, comme un dimanche ou un jour de repos habituel, il n’ouvre pas droit à une compensation particulière, sauf disposition conventionnelle plus favorable.
Jour férié travaillé et rémunération
En principe, un jour férié travaillé, hors 1er mai, est rémunéré comme un jour ouvrable classique. La loi n’impose pas automatiquement de majoration de salaire.
Cependant, une convention collective ou un accord d’entreprise peut prévoir une majoration de salaire, un repos compensateur ou une prime spécifique. Dans beaucoup d’entreprises, ce sont ces textes qui déterminent la vraie règle applicable.
Le 1er mai suit une logique différente. Si le salarié travaille ce jour-là, il bénéficie d’une rémunération doublée. Cette majoration de 100 % s’applique aussi aux salariés payés à l’heure, à la journée ou au rendement.
Il faut aussi retenir qu’un employeur ne peut pas imposer au salarié de récupérer les heures perdues à cause d’un jour férié chômé. Cette interdiction est posée par l’article L.3133-2 du Code du travail.
Le tableau ci-dessous résume les grandes règles de rémunération.

| Situation | Règle de rémunération | Observation |
|---|---|---|
| Jour férié chômé, salarié avec 3 mois d’ancienneté | Salaire maintenu | Pas de baisse de rémunération |
| Jour férié chômé, 1er mai | Salaire maintenu, sans condition d’ancienneté | Règle spéciale pour tous les salariés |
| Jour férié travaillé, hors 1er mai | Salaire normal | Pas de majoration légale automatique |
| 1er mai travaillé | Rémunération majorée de 100 % | Doublement du salaire |
Jours fériés et droits selon le statut du salarié
Les règles ne s’appliquent pas toujours de la même manière selon le contrat de travail, la localisation ou le secteur d’activité. C’est un point à surveiller de près en gestion RH.
Le statut du salarié peut donc modifier le droit au paiement, au repos ou à une compensation. Cela vaut notamment pour le temps partiel, les départements spécifiques et certaines activités ouvertes les jours fériés.
Salariés à temps partiel
Pour un salarié à temps partiel, un jour férié n’est payé que s’il tombe sur un jour normalement travaillé. Si ce jour correspond à un jour de repos dans son planning, il ne donne lieu ni à paiement ni à récupération.
Cette règle évite de créer un droit automatique à rémunération sur des jours qui ne faisaient pas partie de l’horaire prévu. En pratique, l’employeur doit donc vérifier le planning habituel du salarié avant de traiter la paie.
Cette vigilance est particulièrement utile pour les contrats à horaires variables ou les plannings tournants. Un mauvais calcul peut conduire à une erreur de paie ou à un différend avec le salarié.
Alsace-Moselle et Outre-Mer
En Alsace-Moselle, les salariés bénéficient de deux jours fériés supplémentaires, à savoir le Vendredi Saint et la Saint-Étienne. Ces particularités s’ajoutent aux 11 jours fériés de droit commun.
Dans les Départements d’Outre-Mer, certaines dates commémoratives peuvent aussi être reconnues comme jours fériés. C’est le cas de commémorations locales, liées à l’histoire du territoire ou à l’abolition de l’esclavage, avec par exemple le 9 octobre à Saint-Barthélemy ou le 28 mai à Saint-Martin.
Ces règles locales montrent que le calendrier des jours fériés n’est pas totalement uniforme sur le territoire français. Pour une entreprise implantée dans plusieurs zones, le paramétrage RH doit donc tenir compte de chaque implantation.
Secteurs spécifiques
Dans certaines activités, il est possible de travailler le 1er mai, notamment dans la santé, la restauration ou les établissements qui doivent rester ouverts au public. La continuité du service justifie alors une organisation particulière.
Dans ce cas, le salarié reste protégé par la règle de double rémunération. Le fait que l’activité impose une présence ce jour-là ne dispense pas l’employeur du paiement majoré.
Ces secteurs nécessitent une gestion rigoureuse des plannings, des bulletins de paie et des compensations prévues par les accords internes.
Jours fériés, congés payés et organisation du travail
Le jour férié chômé ne doit pas être confondu avec un congé payé. Ce sont deux dispositifs différents, qui obéissent à des règles distinctes et ne produisent pas les mêmes effets sur le compteur de congés.
Un jour férié chômé ne peut jamais être décompté des congés payés. Il ne réduit pas non plus la durée du congé du salarié. Si un jour férié tombe au milieu d’une période de congés, il ne doit donc pas être traité comme un congé payé ordinaire.
Par ailleurs, les jours fériés chômés ne sont pas assimilés, par principe, à du temps de travail effectif pour le calcul des heures supplémentaires. Là encore, certaines conventions collectives peuvent prévoir des règles différentes ou plus favorables.
Le lundi de Pentecôte occupe une place à part, car il peut servir de journée de solidarité. Dans cette configuration, le salarié travaille sans rémunération supplémentaire, sauf accord plus favorable. C’est un mécanisme souvent intégré à l’organisation annuelle du travail.
Les conventions collectives jouent donc un rôle majeur. Elles peuvent prévoir un repos compensateur, une prime, une majoration spécifique ou des conditions de paiement plus avantageuses que la loi.
Erreurs fréquentes et conseils de gestion RH
Les erreurs les plus fréquentes viennent souvent d’une lecture trop rapide de la règle. Pour éviter les litiges, il faut distinguer le jour férié chômé du jour férié travaillé, et vérifier systématiquement les textes applicables.
Il faut notamment éviter de croire que tous les jours fériés sont chômés par défaut. En réalité, seul le 1er mai est obligatoirement non travaillé et payé, hors cas particuliers prévus pour certains secteurs.
Il ne faut pas non plus faire récupérer les heures perdues à cause d’un jour férié chômé. Cette pratique est interdite par le Code du travail et peut créer un risque social important.
Autre point de vigilance, le jour férié chômé ne peut pas être assimilé à un congé payé. Cette confusion revient souvent dans les paies mal paramétrées et peut fausser le décompte des absences.
Enfin, la convention collective doit toujours être consultée avant de trancher. Elle peut prévoir une majoration, un repos supplémentaire, une prime, ou même des règles spécifiques pour les salariés à temps partiel et les secteurs ouverts les jours fériés.
Pour sécuriser la gestion RH, voici les réflexes à garder en tête :
- vérifier si le jour férié est chômé ou travaillé dans l’entreprise
- contrôler l’ancienneté du salarié pour le maintien de salaire
- appliquer systématiquement la double rémunération du 1er mai
- ne pas décompter un jour férié chômé des congés payés
- analyser la convention collective avant toute décision
- porter une attention particulière aux salariés à temps partiel
En résumé, les jours fériés en France obéissent à un cadre légal clair, mais la paie et le repos dépendent souvent des accords collectifs, du secteur d’activité et du statut du salarié. Une bonne lecture des textes évite les erreurs et sécurise la gestion du calendrier social.




